Chant diphonique et art pariétal : sur la voie d’une grammaire symbolique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Julie Hétu, doctorante.

Concordia University, 2015

 

 

 

 

Dans l’art pariétal, la corrélation entre l’utilisation du chant diphonique et de la graphie symbolique que sont les dessins, peintures, signes et gravures préhistoriques suggère un lien de cause à effet entre l’acoustique et l’emplacement de ces graphies visuelles. Ce lien, voire ce dialogue, entre chant diphonique et art pariétal dans la grotte de Niaux, intimement lié à la réponse acoustique des lieux ornés, nous amène-t-il sur la voie d’une grammaire symbolique où chant et graphie permettraient par le partage d’universaux d’être mieux compris? Ces universaux sont l’harmonie en musique et la syntaxe en écriture.

 

Pour tenter de répondre à cette question dans le cadre de notre recherche, nous avons utilisé le chant diphonique pour localiser les lieux ornés de la grotte de Niaux. Nous avons fait le même constat que d’autres chercheurs avant nous (Reznikoff, Dauvois, Salter, Bouthillon), à savoir que plus les graphies sont nombreuses plus la résonnance et les phénomènes de l’écho sont marqués. En somme, ce type de lien permet de conclure à des « constantes associatives »[1] entre l’harmonie en musique et la syntaxe en écriture. Nous soulèverons le fait que ce lien aurait pu servir de vecteur d’universaux langagier pour les Magdaléniens ayant fréquenté la grotte de Niaux (ce qui demanderait des recherches plus poussées pour y conclure), ainsi nous nous en tiendrons, pour cette thèse, à démontrer que l’emplacement des lieux ornés dans la grotte de Niaux magnifie de façon exceptionnelle le chant diphonique. Technique de chant qui partage beaucoup de similitudes avec l’art pariétal qui sert à se localiser dans les grottes, à créer, à communiquer, à reproduire les éléments de la nature, à produire des patterns, à jouer avec la topographie des grottes et ses parois.

 

 

MOTS CLÉS : acoustique, voix, grammaire symbolique, écriture, Paléolithique supérieur, chant diphonique, langage, syntaxe, harmonie.

 

 

 

 

[1] Emmanuel ANATI (2003). Aux origines de l’art,  traduit de l’italien par JerômeNicolas, Paris, Fayard, p. 360.

 

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